Le conseil général du Haut-Rhin a approuvé ce vendredi la création du
Conseil d'Alsace, comme l'ont déjà fait le conseil général du Bas-Rhin et la
région Alsace. Mais Charles Buttner a conditionné cette approbation au vote de
«nouvelles compétences», inscrites dans un document que les deux autres
collectivités n'ont pas approuvé.
L'approbation dans les mêmes termes par les trois collectivités du principe
de la création du Conseil est l'une des nombreuses étapes devant mener à la
naissance à l'horizon 2014 de cette nouvelle collectivité, fusionnant région et
départements en une seule entité.
17 conseillers généraux sur 31 ont adopté la délibération, à laquelle le
président du Conseil général Charles Buttner (UMP) avait souhaité adjoindre le
projet stratégique de 28 pages élaboré au préalable par les présidents des
trois collectivités.
Les élus d'opposition, bien qu'approuvant la création du Conseil, n'ont pas
voté la délibération pour cette raison. Le projet «est un programme politique»
qui «n'a rien à voir avec la nouvelle structure», a dénoncé Frédéric Hilbert
(Verts).
De plus, plusieurs élus, dont trois de la majorité, ont craint que
l'adoption du projet en même temps que de la délibération pose un problème
juridique, le premier n'ayant pas été soumis au vote du Conseil général du
Bas-Rhin et de la région.
Mais Charles Buttner a tenu à associer les deux textes. La future
collectivité doit impérativement être l'occasion pour l'Alsace d'être dotée de
«nouvelles compétences» et d'un «nouveau mode de scrutin», comme le précise le
projet, a-t-il insisté. «C'est à cette condition que nous sommes d'accord»,
a-t-il dit.
De nombreux Haut-Rhinois craignent que la création du Conseil d'Alsace soit
l'occasion pour le Bas-Rhin de «phagocyter» son voisin du sud.
L'opposition a accusé M. Buttner de ne pas souhaiter sincèrement la création
du Conseil et de chercher à freiner le processus.
Le Conseil général a par ailleurs approuvé à l'unanimité la création d'un
«groupe projet» de 50 membres chargé de faire des propositions pour la mise en
oeuvre du Conseil d'Alsace.
Dépêche AFP du 17/02/12