Ces derniers jours ont parus dans les DNA deux courriers concernant la proposition de créer un contrat de 5h par semaines pour les allocataires du RSA. J'ai envoyé le courrier suivant en réaction.

Les objectifs du RSA sont décrits dans un petit livre vert paru en 2008, il s’agissait de regrouper tous les minima sociaux en une seule allocation et d’éviter les effets de seuil qui entraînaient une perte de revenus à la reprise d’un travail. Aujourd’hui la proposition de faire travailler 5h par semaine les allocataires du RSA est indécente. Il s’agit d’un leurre pour essayer de masquer l’échec du gouvernement en matière d’emploi, de maintien de pouvoir d’achat et d’insertions de nos concitoyens les plus en difficultés. Il est indécent car stigmatise les plus démunis d’entre nous. Les porteurs de cette proposition veulent les assimiler à des profiteurs qui choisiraient de ne pas travailler. En octobre dernier, de nombreux contrats aidés ont été supprimés par décision gouvernementale, dans nos écoles, dans nos maisons de retraites, dans les associations, obligeant de nombreuses personnes qui travaillaient à rejoindre les rangs très fournis de pôle emploi ou des allocataires des minima sociaux. Il s’agissait de contrats d’au moins 20h par semaines, les personnes occupant ces postes rendaient un réel service à la société. Aujourd’hui les mêmes qui ont soutenus ces suppressions voudraient inventer des contrats de travail de 5 heures par semaines ! Cette proposition, au-delà de l’aspect choquant de ce contrat à temps très partiel, jette le discrédit sur la solidarité en l’assimilant à de l’assistanat. Non, les personnes qui vivent avec les minima sociaux ne profitent pas d’une situation de rente. Ils vivent avec 400€ par mois pour une personne seule, soit la moitié du seuil de pauvreté. Les allocataires du RSA sont accompagnés, et dans leur très grande majorité n’aspirent qu’à une chose, travailler. Bien sûr, comme dans tous les milieux, il y a parfois des abus. Et ils sont sanctionnés. Tous les mois quelques personnes, celles qui ne respectent pas leur contrat d’insertion sont exclues du dispositif. Ce n’est pas parce que quelques un fraudent le fisc, ou vont s’installer dans des paradis fiscaux, que nous fraudons tous. La politique de l’emploi menée depuis quelques années est en échec, aujourd’hui encore le CESE affirme que la réforme de pôle emploi n’est pas concluante faute de moyens. A qui voudrait-on faire croire que si le chômage est toujours aussi élevé c’est de la faute aux chômeurs qui ne veulent plus travailler ! Les activités d’insertions existent, et les travailleurs sociaux sont très créatifs, mais les financements sont de plus en plus difficiles à trouver. Nous ne sommes pas encore sorti de la crise, dont les responsables n’ont pas été sanctionnés qu’on jette l’opprobre sur les victimes en faisant du travail un devoir alors que ce devrait être un droit.