L’Alsace le 30/08/2011. Clément Tonnot a écrit un article sur la déclinaison locale des primaires socialistes, il l'a complété en recueillant l'avis de quelques personnes:

Qui soutient qui ?

Les « aubrystes »

Henri Stoll.- Contrairement à Frédéric Hilbert, le maire et conseiller général Vert de Kaysersberg, prévoit de voter aux primaires : « Au deuxième tour, à mon sens, il faudra choisir un candidat du PS, alors autant choisir celui qu’on aime bien. On 2007, on a déjà subi la montée de Ségolène Royal… ». Après avoir penché un temps pour Arnaud Montebourg, Henri Stoll votera utile en faveur de Martine Aubry : « Je n’ai pas envie qu’on ait un candidat de droite ». Lui qui a été candidat malheureux à la primaire écologiste espère que « les choses seront un peu plus ouvertes au PS ».

Josiane Bigel.- Sympathisante socialiste — elle figurait sur la liste Bigot aux dernières régionales — la maire de Widensolen devrait voter pour Martine Aubry, « mais sans grande conviction ». Déboussolée après l’explosion de la candidature DSK, elle juge que la première secrétaire est « la plus à même de rassembler ». Les « hollandistes »

Bernard Rodenstein.- Ancien militant socialiste, le pasteur votera François Hollande en qui il voit un « rassembleur » : « C’est quelqu’un de modeste, intelligent, qui a énormément d’humour. Il a surtout réussi le tour de force de rassembler le PS après le départ de Jospin. » Le président d’Espoir n’en a pas autant pour Martine Aubry : « Malgré son discours, elle n’incarne pas mieux les valeurs de gauche que d’autres ». Il reste assez réservé sur le principe des primaires : « C’est bien de jouer le jeu de la démocratie, mais cela montre un manque de laedership dans le parti. Le grand risque, c’est que la gauche monter l’image détestable de son incapacité à s’unir ».

Paul Layer.- L’ancien secrétaire de section colmarien et tête de liste aux municipales soutient François Hollande, qui incarne le mieux à ses yeux « réalisme et responsabilité » : « Entre les deux candidats, il n’y a pas de différence majeure, mais le discours d’Aubry est trop maximaliste. J’aime que ce qu’on dit soit en adéquation avec ce qu’on fera. Mais je soutiendrai de toute façon le candidat qui sortira de la primaire ». Les indécis

Pierre Leconte.- Le conseiller municipal PS colmarien « penche évidemment pour Martine Aubry », comme sa section, mais « attend les débats pour se déterminer » : « Hollande est certainement plus capable de mordre au centre pour gagner au second tour, mais je soutiens les positions les plus à gauche. Dans tous les cas, je ferai campagne pour le candidat socialiste, quel qu’il soit ». Lui aussi craint malgré tout que la primaire « n’accentue les divisions ». Les discrets

Victorine Valentin.- La conseillère régionale et élue PS de Colmar refuse de « soutenir un candidat de manière affichée » : « Plutôt que de mettre en avant des personnalités, je voudrais qu’on se concentre sur le projet, l’espoir que cette démarche doit susciter et le débat ».

Hubert Miehé.- Le conseiller général de Neuf-Brisach refuse de se prononcer pour l’heure : « Même si je savais pour qui voter, je ne le dirais pas. Je ne veux pas me retrouver dans le piège du positionnement précoce de la présidentielle de 2007 ». L’élu veut donner toutes ses chances à la primaire : « Il faut que ce soit une décision personnelle, dans le cadre d’un débat important. On a plus que jamais besoin des électeurs pour choisir notre candidat et à l’avenir, déterminer notre politique ».

Monique Marchal.- L’ancienne chef de file de la gauche au conseil municipal de Colmar « refuse de se prononcer publiquement » : « N’est-il pas plus sensé de choisir un projet plutôt qu’un nom ? Dans un monde où la personnalisation compte beaucoup trop, c’est le travail en équipe qui donne des fruits », estime l’ancienne élue.

Claude Centlivre.- Sympathisant socialiste — il était sur la liste PS aux Régionales — le maire d’Eguisheim refuse aussi de dévoiler sa préférence : « Si chacun se range derrière une écurie, on n’y arrivera jamais. Il faut qu’il y ait un débat au sein des candidats de la gauche, mais dans l’unité, et ne pas désespérer plus les Français en se chamaillant. La primaire doit être un grand moment pour la démocratie, montrer que l’alternance est possible ». Les pas concernés

Frédéric Hilbert.- Le conseiller municipal et conseiller général Vert de Colmar sud ne se sent « pas concerné par la primaire socialiste » : « Je défends une candidature écologiste à la présidentielle. Quel que soit le candidat PS, ce n’est pas ça qui fera que nos idées passeront. L’important, c’est de faire le meilleur score au premier tour pour qu’on soit pris en compte ».

René Frieh.- L’adjoint d’ouverture de Gilbert Meyer, ancien militant socialiste, aujourd’hui rallié à la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, n’a pas prévu pour l’instant de participer à la primaire socialiste : « Ma démarche politique n’est peut-être pas compatible avec l’engagement qui doit signer si l’on vote ». Il reconnaît cependant qu’il « aura du mal » à voter Sarkozy en 2012. Alors s’il devait voter à la primaire, il se prononcerait pour François Hollande, pour « son réalisme » notamment.