Le nucléaire fait débat
Par FH le mercredi 19 octobre 2011, 01:42 - Au fil des semaines - Lien permanent

Voici un commentaire de Monsieur Colmarien. Un commentaire similaire a été posté suite à un article des DNA relatant la dernière manifestation anti-nucléaire du samedi 15 octobre. J'ai souhaité le reproduire dans un nouveau billet pour le rendre plus visible.
__''Monsieur Hilbert, Suite à une de vos contributions parues dans les DNA et se rapportant à la dernière manifestation strasbourgeoise des anti-nucléaires, place Kléber, il me semble utile de vous poser quelques questions afin de mieux connaître votre avis. Pensez-vous sincèrement que : - les Alsaciens et au delà les Français sont prêts à voir leur facture d’électricité augmenter de quelques 50% sachant que le prix de l'énergie solaire photovoltaïque est 8 à 10 fois plus élevé que l'électricité d'origine nucléaire. Et aussi 2 fois plus élevé que celle produite par l’éolien?? Moi pas. - Ensuite quid de la demande incompressible de notre industrie, de nos transports ferroviaires, de nos hôpitaux et autres services publics, qui en cas de sortie même progressive du nucléaire sans production alternative suffisante et constante ne serait pas satisfaite avec tout ce qu'une telle situation aurait comme conséquences immédiates sur notre économie, notre PIB mais aussi l'Emploi ?? Quant aux 33 % de communes ayant signé la "pétition" demandant l'arrêt de Fessenheim reste encore à en définir l'industrialisation et le nombre demplois qu'elles représentent par rapport à la population active totale alsacienne. Et pensez-vous que les Allemands, en phase de sortie du nucléaire mais allant pallier la production manquante par celle de quelques dizaines de nouvelles centrales thermiques ne vont pas impacter considérablement et négativement l'environnement par les émissions de CO2 émanant de la combustion de matières premières énergétiques fossiles ? Ayez donc au moins l'humilité d'admettre que vous n'y arriverez pas. Et encore moins du jour au lendemain, ni même en 20 ou 25 ans. Merci pour votre réponse. Cordialement,''__
La première remarque concernant le tarif de l'électricité, elle laisse entendre qu'un recours intense aux énergies renouvelables aurait pour conséquence une augmentation du prix. Or, EDF n'a pas besoin des énergies renouvelables pour augmenter ses tarifs, le nucléaire lui suffit: Lien
L'actuel gouvernement, au courage si affirmé, préfère repousser cette hausse. Il vaut mieux et on peu le comprendre en reparler fin 2012 que juste avant les élections. Il s'agit bien là du nucléaire qui devient de plus en plus cher. Alors que le tarif de rachat de l'électricité issu de sources renouvelables baisse: Lien
D'environ 30€ le MW, on passerait à environ 40€. Mais ce prix ne prend pas en compte l'ensemble du coût du nucléaire. D'ailleurs les entreprises privées ne trouve plus l'industrie nucléaire très rentable. Une entreprise comme Siemens salue même la position allemande de sortie du nucléaire: Lien
Normalement EDF prévoit la fin des centrales nucléaires et provisionne un fonds pour leur démantèlement, celui-ci serait d'environ 30 MD€: Lien
Cependant pour de nombreux observateurs ce montant provisionné n'est pas suffisant, il est 8 fois moins important qu'en Allemagne et 6 à 40 fois moins important qu'en Grande Bretagne selon qu'on prenne en compte le nombre de réacteurs ou la puissance; Lien
D'ailleurs en France, une première centrale est en cours de démantèlement. La centrale de Brennelis est arrêtée depuis 1985, les travaux de démantèlement ne sont toujours pas finis et les coûts sont bien plus importants que prévus: Lien
Les surcoûts dans le nucléaire ne sont pas l'exception, même dans les technologies les plus modernes. Le surcout de l'EPR finlandais est de 150%, soit 3,6MD€ de plus que prévu, ce sont des chiffres obtenus auprès d'AREVA par un député mais démentis par son directeur: Lien
A Flamanville, le chantier a au moins deux ans de retards et coutera pour l'instant 6Md€ au lieu des 3 prévus: Lien
Enfin, en ce qui concerne les coûts du nucléaire, comment évaluer la gestion des déchets pendant quelques milliers d'années. Ces déchets me font penser à un crédit que nous aurions fait et que nos enfants rembourseront encore quand le nucléaire aura cessé depuis longtemps de produire de l'électricité.
Ceci nous montre déjà que le soit-disant bas prix du nucléaire est un artifice qui ne prends pas en compte l'ensemble de son process d'utilisation. De plus son usage croissant nous a conduit à des choix énergétiques désastreux ces 30 dernières années. Des habitations insuffisamment isolées chauffées à l’électricité sont un cauchemar pour de nombreux Alsaciens et Français qui n'ont pas d'autre choix que de faire face à des factures indécentes. De plus impulsé par le nucléaire, le chauffage électrique est souvent à d'origine fossile lors des pics hivernaux: Lien
Sans le nucléaire nous ne pourrions pas répondre à la demande de notre industrie. C'est oublier un peu vite que la France est une exception dans le monde. C'est le seul pays pour lequel la part du nucléaire est si importante dans sa consommation électrique: Lien
D'autres pays à l'industrie au moins aussi florissante que la notre arrivent à se passer de nucléaire, ou ont décidé d'en sortir, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Autriche entre autres. Les besoins incompressibles de l'industrie n'est pas si incompressible que ça, même le gouvernement pense qu'il y a encore des économies à faire: Lien De plus économiquement, les énergies renouvelables sont bien plus intéressantes que le nucléaire, on l'a vue plus haut avec siemens, mais en plus elles sont un gisement d'emploi plus nombreux que le nucléaire: Lien Il est malheureux économiquement et écologiquement que le choix politique du nucléaire nous ait fait perdre tant de temps dans ces technologies d'avenir que sont les sources d'énergie renouvelables.
Il y a 74 collectivités alsaciennes qui ont signé une motion demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Parmi elles figurent la CAS et Strasbourg. Je pense que cela est un bon début, en terme de représentativité pour l'emploi et l'industrie alsacienne. Par contre j'avoue être allé un peu vite en prétendant que ces 74 collectivités représenteraient 33% de la population alsacienne, effectivement il est difficilement envisageable que 100% de la population de ces collectivités sont pour la fermeture de la centrale de Fessenheim. Cependant l'inverse est vrai aussi. D'ailleurs les enquêtes d'opinion montrent qu'une majorité de nos concitoyen souhaitent sortir du nucléaire: Lien
Oui, il faudra sans doute passer par de l'énergie fossile pour sortir du nucléaire et oui cela posera un problème. Mais le nucléaire ne représente que 14% de l'électricité et moins de 5% de l'énergie mondiale. Il faudra donc pour sortir du nucléaire combiner farouchement trois principes, économiser l'énergie, développer l’efficience énergétique et développer les énergies renouvelable. Le mythe du nucléaire tout puissant et pas cher nous a fait prendre énormément de retard dans ces trois principes. Alors oui, avec beaucoup d'humilité, je crois que si nous prenons conscience collectivement du danger du nucléaire nous arriverons à nous en passer.
Avec mes plus cordiales salutations à Monsieur Colmarien
Ci après quelques liens pour approfondir ma réponse trop rapide
http://www.eelv.fr/actualites/accident-nucleaire-au-japon-etre-actifs-aujourd-hui-pour-ne-pas-etre-radioactifs-demain/7030-etats-generaux-du-nucleaire/
http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html
http://www.sortirdunucleaire.org/
et quelques distributeurs d'énergie verte en Europe
http://www.enercoop.fr/
http://www.ecopower.be/index.php?option=com_content&view=article&id=192&Itemid=128
http://www.wasewind.be/
http://www.ews-schoenau.de/
http://www.energie2030.com/e2030/fr/ueberuns.html


Commentaires
Bonsoir Monsieur Hilbert,
Merci pour votre réponse rapide, mais malheureusement, et pour résumer, aussi exhaustive soit elle et bien qu'étayée par de nombreux liens dirigeant vers des sites divers, ne répond pas et en rien avec précision à mes questions.
Je ne parlais pas d'EdF et des coûts actuels ou futurs par elle facturés mais de ce que coûteront en réalité aux consommateurs les énergies alternatives et surtout de ce que penseraient le cas échéant les Alsaciens mais aussi les Français s'ils devaient en acquitter le prix réel manifestement plus élevé que celui de l'énergie électrique actuelle d'origine nucléaire ou autre...
Tous les coûts annexes liés au nucléaire et/ou au traitement de ses déchets n'ont rien à voir avec ce que coûterait le Kilowatt d'énergie alternative au consommateur, car ils ne sont jamais que des problèmes dont la réponse incombe à l'opérateur ou aux promoteurs et à eux seuls,tout en admettant volontiers que la tentation pour lui ou eux d'en répercuter le coût aux consommateurs reste forte voire même plus que probable.
Ensuite concernant l'impact réel de la sortie du nucléaire sur nos industries je relève que là encore vous ne fournissez pas de réponse précise mais me renvoyez à ce qui se fait déjà dans d'autres pays...
Or les autres pays comme vous le précisez d'ailleurs, ne sont pas aussi dépendants du nucléaire que le nôtre, ce qui pose bien un problème auquel vous ne répondez aucunement...
Et dire que la majorité des Français est pour la sortie du nucléaire est non seulement facile, sachant comment le sondeur peut orienter les réponses et aussi que leur orientation peut être différente en fonction du moment où le sondage est réalisé.
Pas plus d'ailleurs que vous ne répondez à la question précise de savoir comment notre pays pourrait sortir du nucléaire, même en admettant qu'il faudra en sortir le plus tôt possible.
Mais passer par des énergies de remplacement dangereuses pour la couche d'ozone reviendrait à choisir entre la peste et le choléra, non ?
Mais comment convaincre un écologiste militant que tout ce qu'il croit n'est économiquement pas réalisable et encore moins du jour au lendemain ??
-:)))
Monsieur Colmarien,
Il ne s'agit pas de convaincre un écologiste militant, mais des chercheurs, des économistes, des hommes politiques de bords différents, que la sortie du nucléaire n'est pas possible. Dire que nous nous trompons sans argumenter ne nous convaincra certainement pas. Vous même pourriez me démontrer que le nucléaire est sûr, que la gestion des déchets est sans danger et qu'elle ne coutera rien à la société dans le futur.
J'ai répondu à vos question. Si l'électricité d'origine nucléaire augmente, la différence avec le prix de celle d'origine renouvelable s'estompera et la plupart de nos concitoyens, vous excepté, en accepterons le prix.
Vous n'êtes pas très au fait de nos propositions lorsque vous affirmez que nous voudrions sortir du nucléaire du jour au lendemain. Nous aimerions fermer la centrale de Fessenheim, qui est d'ailleurs très souvent à l'arrêt, immédiatement mais pas l'ensemble du parc nucléaire.
Il ne s'agit pas de choisir entre la peste et le cholera mais se prémunir des deux. Pour cela il vaut mieux recourir aux énergies fossiles temporairement. Car elles représentent moins de risques à long terme que le nucléaire.
Enfin, les sondages ne sont bon que quand ils nous arrangent. Cependant pourriez vous m'expliquer pourquoi Nicolas Sarkozi a exclu le nucléaire des discussions du grenelle? Je pense qu'il avait peur que l'opinion publique en demande à cette occasion la sortie.
Bien à vous
Monsieur Hilbert,
Mais je ne cherche pas et je n'ai pas à convaincre des chercheurs, des économistes ou encore des politiciens.
Le problème n'est pas de sortir du nucléaire, car cette sortie est acquise pour tous. C'est une question de temps et de moyens de remplacement efficaces et suffisants aussi.
Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il existe un danger potentiel latent au niveau du nucléaire. Personne ne le conteste.
Comme nous sommes tous d'accord pour dire que la gestion des déchets est délicate et pose aussi problème.
Mais tout ce qui précède n'occulte en rien le vrai problème qui est de savoir :
- comment,
- quand,
- et combien l'électricité qui sera produite par les énergies alternatives de remplacement coûtera aux consommateurs, entreprises ou particuliers,
- et aussi et surtout comment nous allons faire pour ne pas voir notre économie, durant la préiode de transition, chuter ou au mieux ralentir ?
Je veux bien admettre ne pas être au fait de votre discours, car je suis de ceux qui pensent que l'écologie n'est pas la spécificité et encore moins l'esclusivité d'une mouvance ou d'un parti politique.
Mais je relève que finalement, vous demandez la fermeture de Fessenheim alors qu'on ne vous a jamais entendu en demander autant pour les centrales situées outre-Rhin, en RFA ou en Confédération helvétique... qui sont aussi anciennes et aussi potentiellement "dangereuses" que celle de Fessenhiem.
J'ai un peu l'impression que les écologistes alsaciens sont du genre "NYMBY", non ?
Pour revenir au prix de cette électricité d'origine alternative, vous pensez que nos concitoyens, sauf moi, en accepteront le prix.
Ah oui intéressante supposition que voilà quand on sait que les Français, donc les Alsaciens aussi râlent déjà comme des putois quand le prix de l'électricité actuellement produite augmente... et que leur pouvoir d'achat serait donc en baisse d'autant.
Et je relève avec une certaine satisfaction qu'au nom de vos idées anti-nucléaires vous préférez paradoxalement laisser se développer le problème des émissions de CO2 avec ses conséquences planétaires, plutôt que d'accepter la pourusite temporaire de l'exploitation du nucléaire qui lui pollue certes aussi au niveau de ses déchets, mais pas l'atmosphère. Plutôt intéressant comme choix, mais pas très cohérent..
Et je relève aussi et cette fois avec plaisir, que vous faites de l'écologie un argument politique électoral, alors que votre "candidate" à l'Elysée elle en fait étrangement un moyen de pression énorme sur le candidat du PS. en en faisant un préalable incontournable à toute alliance avec F. Hollande... qui lui ne partage pas le même avis.
Cordialement,
Monsieur Hilbert bonjour,
J'espérais sincèrement obtenir une réponse de votre part à mon dernier commentaire du 20 octobre.
Malheureusement, il n'en a rien été...
Comme je n'ai pas pour habitude de tirer des conclusions hâtives et donc peut-être erronées d'un silence que je ne suspecte pas être volontaire, je suis néanmoins étonné de devoir constater que dès que l'on pousse la discussion plus avant, vous et/ou vos camarades écologistes, esquivez le débat.
Serait-ce faute d'arguments convaincants pour étayer votre discours ou bien par simple manque d'envie de débattre ?
Permettez-moi de vous faire remarquer, sans agressivité aucune de ma part, que ce n'est sûrement pas en se défilant que vous et vos amis allez faire avancer vos idées, car vous ne réussirez pas à convaincre les gens faisant preuve d'un peu plus de curiosité intellectuelle que la moyenne de nos concitoyens.
Sceptique j'étais déjà par rapport aux arguments et au programme d'EELV, déçu je suis aussi par votre manque évident de conviction et surtout de volonté de convaincre alors que j'étais disposé à poursuivre ce débat qui je le siuhaitais devait me permettre d'être plus réceptif à vos idées et à celle du parti politique dont vous êtes un élu local..
En espérant ne pas vous avoir froissé,
Bien cordialement,
Monsieur Colmarien,
Je ne suis pas comme vous afficionado des blogs, sous différents pseudos, j'avais ces derniers jours un conseil municipal à préparer et si vous lisez la presse il est un peu incongru de me reprocher de vouloir esquiver le débat.
Je n'ai pas d'arguments plus convainquant que l'accident de Fukushima et tous les rapports scientifiques sur les dangers du nucléaire. N'attendez pas de moi de vous les détailler, je n'en ai ni le temps ni la compétence. Contrairement à ce que vous dites, tout le monde n'est pas conscient de ce danger.
Pendant les discussions du Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy est allé en Libye, chez son ex ami Khadafie (http://www.liberation.fr/politiques...) pour lui vendre du nucléaire, peut-être était-ce pour l'empoisonner?
Contrairement à ce que vous dites, en France les écologistes sont les seuls à demander la sortie du nucléaire. On a vu une avancée des socialistes mais leur position actuelle est ambigüe.
Je n'ai pas l'impression que la gestion des déchets soit reconnue comme délicate par tout le monde, et certainement pas par l'industrie nucléaire. Lorsque vous visitez une centrale nucléaire, ce que j'ai fait, et que l'on vous expose la filière, la question des déchets n'est pas abordée.
Si je demande globalement la sortie du nucléaire, il est évident que je demande aussi la fermeture de la centrale de Fessenheim, vous ne pouvez pas taxer de NIMBY les écologistes. Par contre parmi les nombreux élus de tous bords politiques qui ont signé le manifeste de Stop Fessenheim, certains sont pour la poursuite du programme nucléaire, ils pensent certainement beaucoup à leur jardin. Quant à moi, que savez vous des manifestations auxquelles j'ai participé, en Suisse, en Allemagne, à Bure? Et je me réjouis des décisions suisse et allemande de sortir du nucléaire.
Vous reparlez du CO2, j'imagine que vous êtes pour la taxe carbone. Or je vous ai déjà dit que le nucléaire, au niveau mondial, ne contribuait pas à une baisse des émissions de carbone. Et qu'en France il est un argument pour ne pas changer nos habitudes. Le résultat est que nos émissions continuent à croître. Alors qu'il faudrait les diviser par quatre.
Et lorsque vous parlez de poursuite temporaire du nucléaire c'est faux également, les centrales actuelles, prévues pour trente ans, ont une durée de vie rallongée tous les dix ans. Et les milliards investis dans l'EPR ne le serait que pour un moment de transition? Non le choix du nucléaire fait en France est un choix industriel fait par des politiques. D'autres ont choisi les énergies renouvelables, et ils ont une économie qui se porte mieux que la notre. Ce n'est pas la première fois que la France se trompe, nous étions aussi à la pointe de la technologie pendant une dizaine d'années avec le minitel.
Quand à savoir comment, quand, et combien, j'ai déjà répondu à ces questions. Il s'agira de faire des économies d'énergie, d'avoir une meilleure efficience énergétique, de développer les sources d'énergie renouvelable et la cogénération, et sans doute de recourir temporairement aux énergies fossiles. Quand? Hé bien dès que nous serons au pouvoir. Combien? Au même prix que ce que coutera l'électricité nucléaire dans 5 ans.
Il serait bien présomptueux de vous livrer un prix précis. Les études prospectives sur l'énergie, il y a trois ans se basaient sur un cours du pétrole à 50$ à moyen terme, il est aujourd'hui à 100$ dans un contexte de crise. S'il devait y avoir une reprise de la croissance, la demande de pétrole augmenterait et son prix aussi.
Ce que je constate, c'est que les prix de l’électricité verte en Allemagne et en Belgique ne sont pas forcément plus cher que l'électricité conventionnelle.
Ce que nous demandons à travers la sortie du nucléaire c'est une remise à plat de notre politique énergétique globale.
Vous ne m'avez pas froissé Monsieur Colmarien, lorsqu'on fait de la politique on n'arrive pas toujours à convaincre tout le monde. C'est le jeu. Et les attaques sont le quotidien. J'essaye de le faire le mieux possible à mon modeste niveau et à visage découvert.
Bien cordialement
Frédéric Hilbert
Monsieur Hilbert,
Je vous remercie pour votre réponse.
Désolé, mais je ne vois pas ce que ma participation supposée, et même sous de nombreux pseudos, à de nombreux blogs et le débat concernant le nucléaire pourraient avoir comme rapport.. Passons.
L'argument massue de l'accident de Fukushima est certes recevable, mais n'a pas valeur de règle générale car nous ne sommes pas en zone potentiellement sujette à un tsunami consécutif à un séisme d'une ampleur rare comme le sont les îles de l'archipel du Japon, et ce même si l'Alsace est considérée comme zone à risque sismique.
Tout comme je ne vois pas ce que le fait que notre Président, démocratiquement élu, essaie de vendre la technologie française même à un Khadafi, aujourd'hui heureusement disparu, aurait à voir avec notre politique énergétique... Mais bon.
Que les écologistes soient les seuls à demander la sortie du nucléaire ne signifie pas et en rien que les autres partis politiques ne s'en soucient pas... Cet argument est manichéen. Comme si l'écologie était le domaine réservé d'EELV et que tous les autres partis et Français étaient des inconscients ou des irresponsables.
Et je ne vois pas pourquoi lors d'une visite d'une centrale, la gestion des déchets serait un point à obligatoirement abordé par les organisateurs de cette visite. Mais bon, tout le monde n'est pas aussi sensible que vous à ce sujet, et/ou tout le monde n'a pas la même curiosité intellectuelle aussi...
Quant à votre participation à des manifestations anti-nucléaires, elle est non seulement votre droit le plus strict, mais aussi n'engage que vous et me semble logique et cohérente vu votre engagement politique... Ne pas y participer serait pour le moins paradoxal.
Vous vous réjouissez des décisions allemande et suisse. Moi aussi, mais cela ne répond pas et en rien à ma question concernant l'avenir de leurs économies respectives et si ces décisions auront sur elles un impact négatif ou pour le moins réducteur... et ce d'autant moins que les deux pays vont avoir recours à des moyens de production anciens et polluants parce que utilisant les matières premières énergétiques fossiles...
Matières premières fossiles dont le prix va aller, quoi que nous fassions ou pensions, en augmentant, ne serait-ce que parce que la population mondiale augmente aussi, et donc avec elle la demande, alors que les réserves elles diminuent et que donc l'offre ne pouvant faire face à la demande, les prix suivent logiquement une tendance haussière.
Quant à l'impact carbone, personne n'a dit ou même prétendu qu'il était réduit par l'utilisation du nucléaire... Et encore moins moi. Mais il a par contre déjà l'avantage incontestable de ne pas l'augmenter, ne vous en déplaise.
Je persiste à affirmer et écrire qu'aussi longtemps que nous n'aurons pas trouvé une ou des sources d'énergie alternatives capables de produire suffisamment et de manière fiable l'énergie électrique nécessaire à notre consommation nationale tant privée qu'industrielle, vous (Les écologistes) n'avez et n'aurez pas de solution acceptable et donc encore moins de crédibilité. Et ce que vous soyez ou non au pouvoir, ce qui, sans vouloir vous offenser, me semble encore plus illusoire.
Vouloir remettre à plat notre politique énergétique est une démarche intéressante mais qui ne peut être envisagée qu'à partir du moment où vous aurez ou nous aurons répondu à la question primordiale et déterminante : comment ? Et à ses corollaires : à quel coût pour le consommateur, l'Economie nationale et l'Emploi.
Tou le reste n'est que littérature et plans sur la comète.
Désolé, mais vous ne m'avez pas convaincu, ni de la justesse de votre raisonnement et encore moins de vos idées politiques.
Cordialement,
Questions:
- pour combien d'années existe-t-il encore de ressources de minerai radio-actif? J'ai entendu 80 ans à tout casser. Les ressources en hydrocarbures vont elles aussi commencer à décroître.
- Pour pallier à ces faits et notamment des consos d'électricité en hausse constante, qu'existe-t-il dans le monde et en France notamment ? Qu'à t-on prévu?????? Si quelqu'un à une réponse....
- Est-ce qu'on (les autorités actuelles) a au moins prévu un schéma de dépollution de site nucléaire? Non
- Sait-on (les mêmes) ce que ça va coûter? Non
- En a-t-on les moyens (ou veut-on se les donner)? On connaît la réponse!
- QUI veut aller dépolluer Fessenheim? PERSONNE, hormis quelques européens de l'Est en état d'ébriété!
Pour toutes ces raisons, et notamment ce manque de prévision de nos dirigeants actuels ou à venir, il me paraît en effet opportun de ne pas changer de mode d'alimentation en énergie.... kengala sait aussi faire son autruche, des fois ;o) !
A "kengala"...
La différence entre les ressources restantes en minerai d'uranium et celles de pétrole sont non seulement différentes, mais en plus celles de pétole sont pratiquement toutes connues.
On en peut pas en dire autant de cellles d'uranium, plus importantes toutes proportions gardées et aussi exploitables en fonction des cours compte tenu des coûts d'extraction très élévés pour certains gisements.
Les alternatives n'existent pas actuellement en France, ni même pour les deux décennies à venir en quantité, sources, et surtout production suffisantes pour nous éviter une mise à genou de notre économie faute de production d'électricité en quantités suffisantes pour satisfaire la demande..
La dépollution des sites nucléaires est non seulement coûteuse mais aussi très longue à réaliser... Le coût estimé varie en fonction des sources : il oscillerait entre 750 milliards d'euros selon le CEA, 400 milliards selon EdF et d'autres industriels, et 0 euro (??) selon les associations à condition de réduire la consommation des particuliers, moyennant travaux d'isolation et autres...
Les moyens ? Sommes nous prêts à payer plus cher l'électricité consommée et en prime un surcoût conséquent pour le démantelèment des centrales, surtout en ces périodes de stagnation, voire de régression du pouvoir d'achat des ménages ?? Permettez-moi d'en douter.
Et dépolluer une centrale comme Fessenheim n'est pas plus compliqué, toutes proportions évidemment gardées, que de dépolluer n'importe quel autre site nucléaire, comme par exemple le NKN de Karlsruhe... qui a débuté en 1993 et qui n'est toujours pas achevé avec aussi un surcoût de quelques 100 millions d'euros à ce jour...
A mes yeux, donc un sujet délicat, avec bien sûr la prise en compte évidente d'un risque d'accident latent, mais aussi de tous les avantages économiques et aussi sociétaux...
Et contrairement aux Allemands qui ont eux choisi de remplacer le nucléaire par des centrales thermiques traditionnelles, en dépit des accords de Kyoto et de leur engagement écrit pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, je suis bien incapable de vous affirmer qui a raison et qui a tort.
Reste néanmoins qu'entre la peste et le choléra, le choix n'est pas évident.
M.Colmarien
Autant on peut avoir chacun son avis sur la pertinence des énergies à utiliser, autant votre raisonnement sur la dépolluttion des sites m'interpelle : on ne fait rien (dépollue pas) par manque de sous... comme en URSS où les centrales deviennent progressivement de moins en moins fiables, où les déchets ultimes de la Hague finissent à ciel ouvert (en plein Sibérie) et d'où les autorités européennes suspectent une nouvelle fuite radioactive (mesurée récemment à des doses minimes mais quantifiées) au dessus de l'Europe..... brrr, pourtant, les sites nucléaires sont aussi des sites classés ICPE donc il existe un paragraphe « dépollution des sites » dans leur arrêté d'exploitation.
Inutile de parler de dépollution de sites nucléaires allemands, la France en possède deux, dont un situé en Bretagne (si je me rappelle bien)... deux réacteurs anciens, précurseurs, dont l'arrêt a donné lieu à des dépollutions pour le moins controversées et jugées incomplètes..... et pourtant entamées à des périodes économiques moins sombres que celle actuelle.
De même, parler du revirage énergétique allemand, c'est oublier que :
- la proportion du nucléaire y était, avant le revirement, déjà moins importante qu'en France (30% d'énergies fossiles avant revirement... La France, c'est environ 75% de nucléaire)
- des lands allemands (et des cantons suisses) ont des « actions » dans le fonctionnement de Fessenheim notamment (15% pour les suisses). Donc arrêter chez soi pour refiler au voisin, bof bof!
Vous parlez aussi d'une période de 10-20 ans.... je parlerai en mon nom (de non militant), et pas celui des Verts.
Tous les verts ne souhaitent pas un arrêt immédiat du nucléaire (çà, c'est du cliché anti-verts), je le pense et je le crois. Je pense que si déjà on leur disait que dans 10 ans, on stoppe progressivement le nucléaire, beaucoup acquiesceraient. 10 ans, ça donne une bonne marge pour étudier sérieusement la dépollution, les financements, les substitutions..... mais visiblement, même cette option n'est jamais envisagée, on reconduit l'existant... Fessenheim n'est pas prévue pour durer 100 ans... que va-t-on faire à sa fin de vie? On refilera la patate chaude au gouvernement en place à l'époque?
Donc personnellement, je trouve que votre argument relatif à la « crise » n'est pas pertinent. La crise a bon dos : l'énergie nucléaire est « bon marché » si on ne tient pas compte de sa dépollution, donc on fausse les cartes alors que cette dépollution sera un jour inéluctable et donc à payer.
Avant dernière chose : j'entendais samedi dernier sur France Info qu'un cabinet anglais des plus sérieux s'était penché sur la reconversion du nucléaire en France.
En arrêtant la filière nucléaire, il estime qu'on arrête 200.000 emplois en France. En substituant par toutes les énergies renouvelables possibles, on crée 450.000 emplois!
Dernière chose : je constate que vous vous souciez des émissions de CO2 dûes aux sources d'énergie... j'en déduis donc que vous ne pensez pas pertinente l'exploitation des gaz et pétrole de schiste pour substituer le nucléaire! ;o)