Le gouvernement ne cesse de mettre en rivalité les plus démunis d’entre nous, ceux qui n’ont pas de travail et les travailleurs pauvres. C’est un jeu dangereux, qui fait monter l’extrême droite, en faisant oublier que les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ne cesse de croitre.

Pourquoi 7 heures et pas 5 comme l’avait proposé Laurent Wauquiez, sans doute parce qu’un contrat de 5 heures bénévole ne permettait pas d’en faire sortir les bénéficiaires des statistiques du chômage.

Il y a un an, en octobre dernier, l’état avait refusé de reconduire pour le dernier trimestre des contrats aidés de 20h. De nombreuses associations, écoles, maisons de retraites, avaient souffert de ce manque de soutien, mais rien n’y a fait, le gouvernement a préféré laisser retourner les titulaires de ces contrats de travail aux allocations chômage ou RSA.

Aujourd’hui, la question qui semble être posée c’est comment faire sortir des statistiques du chômage quelques allocataires du RSA, comment faire baisser le chômage, sans que cela ne coûte trop cher. Et bien en proposant des contrats à minima. Des contrats d’un jour de travail par semaine, des contrats de 7 heures.

Or, c’est oublier un peu vite que ce qui manque, ce n’est pas la volonté des plus démunis d’entre nous de travailler, mais bien le travail lui même. Il n’y a qu’à voir autour de nous la détermination des salariés qui se battent pour garder leur emploi. Et leur détresse quand une usine ferme, l’exemple de la papeterie de Turckheim est flagrant.

D’ailleurs ce contrat, monté à la va vite, n’est pas clair, la ministre Bachelot a affirmé à la télévision que les salarié de 7 heures seraient payés au smic, ce qui leur ferait un salaire de 224€, mais dans le même temps leur RSA activité baisserait, et leur gain ne serait finalement que de 130€. D’autre part, les avis au ministère divergent également sur les sanctions qui feraient suite à un refus. Certains disent qu’il n’y en aura pas, mais une retenue sur le RSA est prévue en cas de refus de ce genre de contrat. Dans un premier temps ces contrats seront réservés aux conseils généraux, mais il est envisagé de les ouvrir par la suite au privé. Avec le risque déjà observé en Angleterre, de voir des entreprises débaucher leurs salariés pour embaucher des personnes au statut beaucoup plus précaire et flexible.

Le dispositif d’insertion par l’économique et par le travail que nous connaissons fonctionne. Des personnes éloignées de l’emploi, socialement, psychologiquement ou physiquement sont déjà aidés, retrouvent confiance en elle, dans des CAT, dans des ateliers ou chantiers d’insertion, dans des chantiers éducatifs, dans des contrats aidés décents, etc…

Ce qui manque, mes chers collègues, c’est le travail. Tout simplement le travail. Ne laissons pas, par des artifices comme ce contrat de 7 heures, laisser croire que les victimes de la crise en sont les responsables.